Un écureuil dans le jardin

Un écureuil dans le jardin

Une éolienne dans son jardin ?

RGE Vaudri Elec éolienne photovoltaïque 

Ecureuil mât en bois hybride éolienne panneau photovoltaïqueHaut-Doubs :

Une éolienne de 18 mètres dans le jardin, c’est possible...

Sous les fenêtres de sa chambre, à Doubs près de Pontarlier, Étienne a fait installer une éolienne « domestique » de 18 mètres de haut.

Des années que l’idée, séduisante et « écolo » à souhait, virevolte dans un coin de la tête d’Étienne Baverel… Depuis fin octobre, la réalité a remplacé ce rêve aux contours flous.

Perchées sur un mât construit en bois comtois, les pâles tournent (en silence) à dix-huit mètres de haut. Dans le village de Doubs, la structure ne passe pas inaperçue.

« J’ai toujours aimé les éoliennes », explique le douanier de métier, « je regardais un peu ce qui se faisait sur internet, mais ça ne me convenait pas jusqu’à ce que je rencontre Jean-Frédéric Grau (Ndlr : patron de l’entreprise Vaudri Elec, qui commercialise ce type d’installations) à la Haute Foire de Pontarlier en 2013. Le feeling est bien passé, il a su m’inspirer confiance et je ne le regrette pas. »

 

 

Sa démarche est globale : « J’ai hérité de mon père ce grand bâtiment agricole. J’y ai construit trois logements, que j’ai voulus à basse énergie. J’ai mis de l’isolant extérieur et je chauffe avec mon propre bois déchiqueté. Là, ce qui me paraissait intéressant, c’était de coupler deux énergies vertes, le vent et le soleil. » Fixée sur le mat, une volée de panneaux photovoltaïques fait en effet les yeux doux au ciel bleu.

Prévenir les voisins, obtenir le permis de construire…

Mener à bien ce projet n’était pas couru d’avance. « J’ai d’abord demandé à mon voisin direct si ça ne le dérangeait pas. Il a fallu ensuite obtenir le permis de construire et pousser un peu dans les bureaux, car ils n’avaient jamais vu ça et avaient un peu peur de l’impact visuel et phonique », raconte Étienne.

Sa « Tour Eiffel » est visible depuis la voie verte de Doubs, qui passe non loin de là. « Je vois et j’entends les gens qui s’arrêtent, qui regardent, c’est rigolo », note-il amusé, « d’ailleurs globalement je n’ai eu aucun retour négatif. Personne ne m’a dit que c’était moche ou autre. Au contraire, on sent les gens interpellés et intéressés. » Jusqu’à présent, Vaudri-Elec n’a construit que deux autres éoliennes domestiques similaires en Franche-Comté.

Étienne et son épouse Marie-Lise, eux, ont déboursé 22.000 €. Si la calculette n’est jamais loin au moment de se lancer dans une telle aventure, le couple l’a aussi fait par conviction. « Plutôt que de m’acheter une bagnole allemande ou de creuser un spa dans le jardin pour y siroter du champagne avec ma femme, je préfère investir dans l’énergie verte ! », lance Étienne.

Jean-Frédéric Grau, qui a travaillé avec un bureau d’étude de Morteau pour développer son produit, lui promet une production de 3.500 à 4.000 kW par an. « C’est ce que je consomme actuellement. On verra dans un an. On verra aussi si l’État me reversera les 30 % de crédit d’impôt sur le système de production éolien qu’il vient de promettre, ou si c’était un effet d’annonce pour la COP 21. Je vais servir d’éclaireur sur ce sujet, peut-être à mes dépens », glisse Étienne, joueur.

Ce qui le différencie de ceux ayant investi dans des panneaux solaires est clair : l’électricité produite n’est aucunement revendue à Edf, mais file directement chez lui. Il s’agit là d’auto consommation pure et dure… Branché au ciel et au soleil, connecté à son environnement direct auquel il est tant attaché, lui, le fils de paysan, Étienne Baverel a du mal à cacher sous sa moustache noire un vrai sourire de gosse.

Willy GRAFF

Article de L'Est Républicain du 09/12/2015